Etre chrétien aujourd’hui !

Les figures de chrétiens d’aujourd’hui

 

Le monde vit une transformation continuelle... nos peuples essayent de se mettre au rythme des autres plus avancés, mais la chance est souvent pour peu de personnes. Les riches deviennent plus riches et la dignité des pauvres est bafouée !

 

Dans cette société nous trouvons des chrétiens frustrés qui au fond ne voient pas comment la foi en Jésus Christ peut les aider à changer ou à améliorer leur condition de vie.

Ce sont des chrétiens qui veulent une vie sans difficultés, sans problèmes, qui ne trouvent pas le sens à leur souffrance et à leurs vies. Les chrétiens en quête de miracles font partie de ce groupe.

Il existe des chrétiens de peu de foi en Dieu et en eux-mêmes, qui vivent la religion comme un refuge et ne découvrent pas l’appel que Dieu leur adresse pour améliorer la société. Ils attendent un changement qui vienne d’en haut et ne bougent pas, ne s’organisent pas, ne collaborent pas pour améliorer leur situation. Ils attendent tout d’ailleurs et ne se rendent pas compte de leur capacités et potentialités.  Ce sont les chrétiens paresseux et découragés.

         Dans nos communautés paroissiales et diocésaines existent aussi des chrétiens qui 
combattent la violence, les injustices et les pauvretés. Ils sont des chrétiens qui consacrent
leur temps et leurs ressources aux autres, ils s’engagent activement dans les mouvements
et aident à regarder la réalité en face, à prendre des initiatives concrètes pour solutionner
ce qui est dans leurs possibilités. Ce sont des chrétiens créatifs et désintéressés, ils se
savent instruments de Dieu et font tout avec gratuité, en dépassant les malentendus et les
critiques. Malheureusement ils sont minoritaires.

 

Les nouveautés technologiques, par exemple, ne nous  laissent pas indifférents. Le grand réseau électronique répand des éléments positifs et négatifs, il réduit les distances et réorganise le temps. L’écart devient toujours plus profond entre ceux qui peuvent bénéficier des nouvelles technologies et ceux qui en sont exclus.  Les principes moraux sont souvent mis en question! Nous assistons à un déséquilibre dangereux entre les possibilités techniques et la conscience éthique. C’est vrai que dans l’actualité nous sommes plus étroitement liés par la communication immédiate, mais paradoxalement: nous vivons dans ce monde où il y a plus de communication digitale et plus de divisions… c’est un monde rapproché et violent en même temps !

 

         Dans cette réalité, nous trouvons des chrétiens de nom qui viennent à l’Eglise pour accomplir un devoir religieux mais ne vivent pas leur foi ; ils ne sont pas convaincus, ils ont honte de leur identité chrétienne et ont une vie double : leur expression de foi est faite de rites qui ne touchent en rien leur vie quotidienne. Ils sont des chrétiens en quête des sacrements, mais en dehors des célébrations, ils sont confondus au monde en se laissant prendre par la violence, la vengeance, l’alcool, la drogue, le libertinage sexuel… Ils sont des chrétiens qui se laissent éblouir par les nouvelles technologies, par la recherche de plaisir en se permettant tout et en ne respectant pas les commandements de Dieu et de l’Eglise.

         D’autre part il existe des chrétiens pratiquants qui se donnent à la communauté en cherchant le chemin de la vérité. Ils sont ouverts aux nouveautés mais savent discerner et renoncer à ce qui ne va pas avec l’Evangile. Ils fréquentent le sacrement de la réconciliation et ont un directeur spirituel avec qui ils se confrontent. Ils prennent au sérieux leur option pour le Christ et n’ont pas honte de leur identité chrétienne.

 

Nos sociétés sont caractérisées par une certaine peur de la différence, une méfiance de l’autre. C’est ainsi qu’on commence à bâtir des « communautés » regroupant des gens de même sensibilité, avec lesquels on puisse se sentir en sécurité et à l’aise. Cette recherche de nos semblables se constate partout, depuis Internet jusqu’aux groupes religieux.

Sur Internet les gens surfent à la recherche d’autres personnes qui partagent leurs intérêts et leurs goûts, qu’ils soient politiques, sportifs ou sexuels. Et s’il surgit des différences, alors on peut simplement couper le contact et changer  d’email. On constate une certaine fluidité qui caractérise les modalités de participation des gens dans les associations et groupes organisés et leur appartenance est relative.

             

         Cette réalité touche les chrétiens qui sont égoïstes et hypocrites, ils s’affichent par leur nom dont la vie ne témoigne pas de ce qu’ils sont. Ils participent dans beaucoup de mouvements mais ne s’engagent pas en profondeur. Cette pluri appartenance est, dans certains cas, signe d’ambition et de la recherche de pouvoir : il existe des chrétiens ancrés dans certains groupes qui empêchent l’accès à d’autres catégories des personnes. Ce manque d’ouverture s’aperçoit aussi dans les chrétiens espions à la solde des partis politiques, les chrétiens qui cherchent la compagnie ou le mariage (ils ne pensent qu’à gagner un mari ou une femme).

         Dans nos Paroisses existent des chrétiens qui s’attachent rigoureusement aux enseignements du Christ et cherchent à être en communion avec Lui. Ils ne font pas différences des races, des conditions sociales, de nationalités… Il y a des chrétiens pleins d’amour et de bonté pour leur prochain, des chrétiens qui ont l’esprit de partage, de pardon et d’union.

 

La précarité est le dénominateur commun qui émerge dans n’importe quel lieu où l’on vis et travaille. Cela pose la difficulté de se projeter dans l’avenir. La relation est précaire entre, étude et travail, réussite professionnelle et reconnaissance sociale, et stabilité économique.  L’économie gouverne le monde ! Et la corruption prend chaque fois plus de place !

 

     Dans des situations pareilles, surgissent les chrétiens qui s’adonnent au syncrétisme religieux, car ils sont encore attachés aux traditions ancestrales incompatibles avec l’Evangile, surtout pour chercher la chance, le bonheur, l’argent et la réussite des « affaires ».  Ils font partie de ceux qui sont chrétiens d’intérêt à la recherche d’un profit, des chrétiens ambitieux et jaloux. Ils sont des chrétiens qui font la corruption : ils ont un travail et un salaire, mais pour faire leur devoir, ils exigent encore de l’argent aux « clients » ; l’argent devient leur dieu !
         Nous ne pouvons pas nier qu’il existent encore, grâce à Dieu, des chrétiens honnêtes et responsables qui ne tombent pas dans le piège de l’amour désordonné pour l’argent… il faut le dire… ils ne sont pas nombreux dans nos communautés ! 
         Au milieu de la précarité existent aussi des chrétiens courageux qui se construisent un avenir avec la sueur de leur front, ils s’interrogent sur le projet de Dieu sur leurs vies et répondent avec décision au vouloir de Dieu, par fois en affrontant beaucoup d’incompréhension dans le sein de leurs familles.  

 

Aujourd’hui nous sommes marqués par une culture mondiale unique. Partout les jeunes portent les mêmes vêtements, écoutent les mêmes chansons, et font les mêmes rêves… et s’ils ne peuvent se procurer les vraies marques, ils ont la possibilité de s’acheter des imitations à bon marché ! C’est la culture du consumérisme et de la mode.

 

         Nous trouvons des chrétiens plus attirés par l’ambiance (les chants, les danses, …) que par la Parole de Dieu, elle-même. Ce sont des chrétiens de jour de fête, de circonstance, de dimanche, les chrétiens touristes ou visiteurs. Ce sont des chrétiens exhibitionnistes, de luxe et de l’apparence, qui viennent exhiber leurs habits et leur argent lors de la quête. A ce groupe s’unit le chrétien qui vie un nomadisme spirituel qui accueille de manière indifférente les offres des sectes et autres groupes religieux et change de religion comme on change de tenue.

      Il existe quand même des chrétiens qui ont une scelle de valeurs adéquates ; ils sont cohérents avec les principes chrétiens catholiques et ne valorisent pas les autres par rapport à l’aspect extérieur. Ils croient profondément à la valeur de l’authenticité.

 

Ce que nous pensons de ces figures 

 

         Concernant le premier groupe nous pensons qu’ils ne donnent pas au christianisme sa vraie valeur, ils ont une fausse image de Dieu et de la religion.

            Avec leur comportement, leurs gestes et paroles ils altèrent l’image du disciple du Christ et ne présentent pas Jésus dans leur vie. Ils deviennent un contre-témoignage  et un danger pour la foi et pour le christianisme. Ils sont eux-mêmes des obstacles pour les non-croyants.

      Ils sont en proie au matérialisme. Ils exercent leur pouvoir et la domination des autres à travers les responsabilités qu’on leur confie dans les paroisses. Ils aiment se servir au lieu de servir les autres. Ce faisant, ils n’encouragent pas les autres à une réelle conversion. Ils n’ont pas une vie spirituelle fondée uniquement sur le Christ.  Ils servent autres dieux que Jésus-Christ. Pour eux, l’amour de Dieu pour leurs prochains ne compte pas, les intérêts personnels passent avant tout.

Les chrétiens du dimanche et de circonstances s’exposent aux promesses et aux avances des sectes. Par leur vie ils montrent leur manque de formation chrétienne. Il nous faut donc adhérer aux associations, aux mouvements pour recevoir une formation permanente et pour nous engager dans un apostolat concret. Vivre avec conviction notre foi est un défi, car comme dit le proverbe « Le chien a quatre pattes, mais il ne suit pas qu’un seul chemin ! »

         Les autres sont des chrétiens hypocrites. Ils font semblant de croire en Dieu mais ils ne changent pas leur vie.
         Tout cela nous interroge car nous ne sommes pas dehors de ces pièges !  A travers cette réflexion nous voudrions nous encrer davantage dans la Parole de Dieu qui nous pousse à être cohérents avec notre profession de foi.  

      Concernant le deuxième groupe ils sont l’image de Dieu et l’espoir du monde. Ils montrent que la sainteté est possible et donnent l’envie de continuer sur la voie chrétienne. Ils sont de véritables modèles pour les jeunes chrétiens. Ils sont des chrétiens sérieux qui pratiquent la solidarité, qui adorent uniquement le Dieu de Jésus-Christ, même dans les difficultés. Nous avons affirmé que ce groupe est minoritaire et cela ne doit pas nous laisser indifférents ! Nous pouvons grandir dans notre vie chrétienne pas seulement au niveau de connaissances, mais surtout en cherchant les moyens pour nous rencontrer avec le Christ, pour l’écouter et nous laisser transformer par sa Parole de Vie.

 

Traits du jeune chrétien

 

         Le jeune chrétien

·        S’est rencontré avec Dieu et devienne missionnaire de l’amour gratuit de Dieu !

·        Se laisse interpeller par les appels que le Christ lui adresse à travers la Parole de Dieu et la réalité elle-même. Dans ces appels, il découvre la confiance que Dieu a en lui et assume la responsabilité de sa réponse.

·        Aime la parole de Dieu et trouve ainsi en Jésus la solution pour sa vie. Cette Parole soutient son engagement dans la construction d’un monde meilleur.

·        a une authentique vie de prière et vit à l’écoute de l’Esprit ; il participe aux sacrements (Eucharistie et Réconciliation) avec foi, où il rencontre Jésus comme un ami ! Dans la tradition salésienne, l’Eucharistie et la Réconciliation sont les colonnes fondamentales d’une solide maturation spirituelle.

·        Est le sel et la lumière dans le monde ; il est comme le levain dans la pâte, vie et annonce l’Evangile au milieu de ses occupations journalières. Pour les jeunes salésiens la vie quotidienne  est le lieu de la rencontre avec Dieu s’il est vécu avec amour. C’est pour cela que sainte Marie Dominique Mazzarello disait qu’il faut faire de chaque action et de chaque geste un acte d’amour de Dieu en vivant toujours en sa présence !

·        Est un artisan de paix et d’unité, là où il est présent règne la communion et le dialogue.

·        Respecte les commandements en fidélité à ses engagements malgré les persécutions et les flatteries. 

·        Vit le don de soi et le service aux autres à cause de l’Evangile avec générosité et solidarité chrétienne tout en supportant toutes les conséquences.

·        Est joyeux, non parce que tout va bien, mais parce que Dieu est toujours avec lui pour l’aider à trouver un sens à tout ce qu’il vit !

·        Est capable de se sacrifier pour la vérité et l’amour, de vivre et de mourir pour le Christ,

·        Assume les difficultés de la vie avec confiance et espérance. Pour lui l’espérance n’est pas la conviction que telle chose se passera bien, mais la certitude que cette chose a du sens, indépendamment de la façon dont elle tourne. Sa joie est de savoir qu’il découvrira un jour que, pour quelque raison, sa vie a du sens, avec ses triomphes et ses défaites, si insignifiantes qu’elles puissent paraître parfois pour le moment.

·        Est animé des valeurs comme la miséricorde, la bonté, la patience, la douceur, l’humilité. En lui, ces valeurs s’unissent à la force d’âme et à la maîtrise de soi.

·        Apprend à vivre le pardon en fidélité à la Parole de Dieu, et en cela il est courageux et persévérant,

·        A un style de vie particulier avec un cœur libre et un esprit créatif. Il n’est pas esclave de la mode et sait aller contre courant quand ses principes religieux sont bafoués. Il est une personne entreprenante dans le bien !

·        Accueille Marie, la mère de Jésus, chez lui en la considérant une guide sûre vers la rencontre vitale avec Jésus, son Fils. Le jeune chrétien salésien invoque Marie en l’appelant « Auxiliatrice » ; elle défend les jeunes, les éduque et les conforme au Christ.

    

Les traits chrétiens plus effacés aujourd’hui

 

D’abord et avant tout les jeunes manquent d’engagement. Le jeune ne veut plus s’engager ni dans l’Eglise ni dans la vie. On vit plus le provisoire. Ensuite il y a le manque de pureté, de chasteté, d’amour vrai et du respect des valeurs. Les jeunes se croient libres de tout faire et ils se voient autosuffisants. Ils sont trop ambitieux et matérialistes.

         Les jeunes ont peu de foi en Dieu, ils ne vivent pas l’unité entre foi et vie. Aux jeunes chrétiens d’aujourd’hui manque la fidélité aux engagements pris, la sincérité, la conviction personnelle et la persévérance dans l’application de la Parole de Dieu.

         Il manque l’engagement dans le social pour transformer et améliorer la société et cela parce que manque aussi la ténacité et l’endurance pour aller contre courant au nom de l’Evangile.

         Nous regrettons la carence de solidarité, d’amour fraternel, de service gratuit, du pardon, de l’unité, de la justice et de la vérité, car les jeunes sont animés d’un esprit de vengeance et d’orgueil, ou bien d’un esprit de profit. Les jeunes fuient le sacrifice et ne vivent pas avec foi la souffrance ; ils sont préoccupés par les problèmes liés à l’emploie.

       « Un sac vide ne peut tenir tout seul ! », dit le proverbe en nous rappelant l’importance de la communauté et de l’entraide. Le sens d’appartenance à la communauté est pauvre ainsi que la formation et l’information sur les réalités de l’Eglise, sur la Bible.

     

Raisons pour lesquels ses traits sont effacés

 

      Ces traits sont effacés parce que le Christ est exigeant et on préfère la vie facile. Aussi on ne veut pas s’engager pour le Christ ; on veut avoir à tout pris le bien de ce monde. Nous oublions que, comme dit le proverbe « la pirogue qu’on laisse aller, part à la dérive et se perd ! » Au fond c’est une fausse recherche de liberté et un refus des limites, c’est le fruit du relativisme qui ne reconnaisse rien comme définitif et laisse le propre moi avec ses désirs comme mesure ultimes de ses choix.

   On vit dans les familles le retour aux idoles. L’éducation des jeunes chrétiens aujourd’hui dans les familles n’est plus fondée sur la Parole de Dieu et ceux-ci s’identifient très facilement à leurs parents dont la vie ne témoigne pas de leur engagement chrétien.

D’autres trouvent l’engagement chrétien comme une chose épuisante, un fardeau en s’imaginant qu’être chrétien, c’est être privé de sa liberté. On se laisse aller par le courant du monde, voué à la corruption et le matérialisme, l’injustice et les guerres tribales.

         Ensuite, les influences du monde dans lequel l’amour gratuit de l’autre et la solidarité entre frères et sœurs n’ont plus de valeur ; où la recherche de sa propre réalisation, surtout financière, est devenue une préoccupation première. Il y a aussi des jeunes qui se laissent entraîner par la jalousie et l’égoïsme, ces comportements les éloignent de l’esprit de l’Evangile.

         Aussi, les jeunes se laissent facilement emporter par le déluge du libertinage caractérisé par le non-respect des adultes et l’insoumission aux règles élémentaires de bonne conduite dans la société.

D’autre part, parce que les comportements de certains responsables de l’Eglise n’encouragent pas les jeunes et qui les amènent parfois à perdre confiance et même la foi. Les modèles à suivre étant absents, les jeunes sont déboussolés n’ayant plus de repères.

      Toutes ces valeurs sont effacées par manque de foi et par la recherche de la facilité en toute chose, par la recherche effrénée du plaisir, par l’égoïsme et l’individualisme, par manque d’une bonne formation chrétienne.

 

(Analyse faite par un groupe de jeunes du Mouvement Salésien)