L'attitude générale de Paul à l’égard de la prière

Cardinal Martini

 

Comment faire une synthèse de l'attitude globale de Paul à l'égard de la prière en général, et de la sienne en particulier ?

En cherchant une réponse, j'ai été irnmédiatement attiré par une de ses réflexions dans le chapitre 8 de la Lettre aux Romains. L'apôtre confesse que la prière est une grâce, un mystère, et non un produit que nous fabriquerions. Bien sûr, c'est une activité qui vient de nous. Mais cette activité nous est don­née par Dieu, par l'intermédiaire de l'Esprit. Telle est l'attitude globale de Paul.

Maintes fois, en pensant à la lourdeur, à la séche­resse, aux difficultés de la prière, nous nous répétons la parole de Paul : nous ne savons pas prier. C'est normal. Et lui le premier a éprouvé l'incapacité à prier.

Il a certes vécu de profondes expériences de prière. Mais son principal réconfort, il le trouve dans le fait que : « c'est l'Espnt qui vient en aide à notre faiblesse. Car nous ne savons même pas demander ce qui convient. Mais l'Esprit lui‑même intercède pour nous en gémissements ineffables » (Rm 8, 26).

 Gémissements ineffables. Ils sont pourtant là. Nous en éprouvons les effets dans le désir, l'angoisse, le besoin de la prière. Dans la force avec laquelle elle jaillit en nous alors qu'elle est le plus pénible. Dans la persévérance aux heures sombres. Dans la certi­tude que, malgré notre langueur et notre nuit il y a quelque chose qui prie en nous. « Celui qui scrute les cœurs sait quelles sont les intentions de l'Espnt, lui qui intercède pour les croyants selon les desseins de Dieu » (v. 27).

Voilà une vérité qui nous comble de paix. L'Esprit prie en nous. Il suffit de lui laisser de la place, de le laisser souffler. Et la prière montera, bien meilleure que celle que nous voudrions fabriquer nous‑mêmes.