L’autobiographie du coco

Je suis né au plus haut d’un arbre, élancé mais robuste, qui avait grandit dans un sol sablonneux tout au long de la côte, en respirant l’air frais de la mer. J’étais heureux d’être un coco ! Je croyais que mon père était merveilleux, jusqu’au jour où j’ai entendu des personnes maudire cet arbre et toute sa famille. Un jour, une personne a dit : «Quelle chaleur aujourd’hui! Si, au moins, ce palmier nous donnait un peu d’ombre!   Je haie ces cocotiers ! Ils ne servent à rien ! Ils n’ont pas assez de feuilles, ni fleurs, ni arôme ! »

Après avoir écouté ceci, je me suis senti très malheureux… et quelque chose a changé à l’intérieur de moi…. Comment je ne m’était pas rendu compte de cela avant ! j’étais réellement  laid et même déformé. Je me suis senti plein de honte et j’ai décidé de ne laisser personne voir ma laideur intérieure!  Alors, j’ai commencé à construire, autour de moi, une cruche dense, dure, âpre,  de couleur sombre, désagréable au toucher, pour que personne n’ose me toucher. Je n’aimais pas du tout qu’on me touche ou me caresse !

Après quelques semaines, où j’étais découragé et où je méditais sur mon état, j’était surpris par un vent fort, on aurait dit un ouragan. Tous, nous étions bouleversés et secoués violemment et, terrorisé, je me suis agrippé à mon père, avec la peur d’être arraché de l’arbre !

Tous mes efforts ont été inutiles ! J’ai perdu le contrôle et je suis tombé avec force dans le vide jusqu’au sol ! Je me suis trouvé parterre, plein de douleurs, à cause de la chute vertigineuse ! Seul et tremblant de peur, j’ai pensé que l’unique chose qui me restait, c’était d’attendre la mort. Évidement mon heure était arrivée… quand un groupe d’individus s’est approchés. Quelle surprise ! J’ai entendu quelqu’un du groupe dire : « Regardez, quel grand coco ! Nous avons beaucoup de chance ! »  j’ai senti qu’il me prenait dans ses mains et m’approchait de ses oreilles en m’agitant.   « C’est sûr qu’il y aura beaucoup d’eau ! » a-t-il dit. Un autre disait « Quel coco si bon! il doit être doux et frais. Nous sommes  vraiment chanceux de l’avoir trouvé ! »

Comment ?!!! Moi, je suis frais et doux ??!!! C’est sûr qu’il y a une erreur. Je n’était que stupide, déformé, laid et sans saveur !

Un individu a commencé à m’enlever la dure peau que j’avais. Ensuite, avec une grosse pierre, il me donnait des coups forts. En criant de douleur, je voulais lui demander qu’est-ce qu’il cherchait : « tu dois certainement savoir qu’en moi, il n’y a rien de beau! Qu’est-ce qu’il attendait de trouver à l’intérieur de moi ? Est-ce qu’il regarde comment je suis laid. Il ne faut pas insister, il n’y a rien de bon en moi ! »

            Quelques minutes après, j’ai entendu du bruit et j’ai sentis qu’on me divisait en deux. De mes blessures ont commencé à sortir un jus et, avec grande surprise, j’ai vu comment le garçon et ses amis ont bu cette eau avec plaisir! Ils faisaient des commentaires qui m’étonnaient ! Ma surprise la plus grande, c’est qu’après, ils ont mangé mon intérieur avec beaucoup de plaisir, tout en partageant.

« Les gens m’aiment !» ai-je exclamé. Je ne suis ni laid ni inutile ! S’il vous plait, je vous demande… mangez-moi complètement ! Quelle joie de donner du bonheur aux autres ! Vous m’avez aidé à croire en moi même ! 

 

(Texte traduit de RIBES Pedro, Parabolas y fabulas para el hombre moderno, Madrid, Paulinas 1991, 86 - 91).

 




Textes du Nouveau Testament en relation avec les idées de cette parabole

 

Mt 4, 18-22 ; Mt 10, 1-4 ; Mt 5, 21-22 ; Mt 7, 1 ; Mt 18, 1-4; Mc 7, 14-23 ;  Mc 10, 13-16 ; Mc 2, 13-14 ; Mc 6, 1-4 ;    Mc 12, 41-44; Lc 2, 6-19 ; Lc 7, 36-50 ; Lc 8, 19-21 ;

Lc 15, 11-32 ; Lc 18, 9-14 ; Lc 19, 1-10 ; Lc 23, 39-43; Jn 1, 42-43 ; Jn 8, 1-11 ;

Jn 9, 1-41 ;  Jn 21, 15-19

 

Idées et applications de la parabole

 

²Nous tous, nous ressemblons au coco : trésors occultes sous un extérieur âpre.

²Les gens s’endurcissent quand ils ne reconnaissent pas leur propre valeur. La peur qu’on nous fasse du mal nous amène à construire des murailles intérieures. L’opinion des autres nous influencent  plus que ce que nous croyons.

²Dieu a donné a chacun une beauté particulière. Il l’a crée unique et irremplaçable.

²Si nous nous refusons à nous-mêmes, comment peut-on prétendre que les autres nous acceptent. Ce qui nous blesse le plus n’est pas le rejet des autres, mais la peur que ce refus confirme notre indignité.