« J’aime les défauts de Jésus »

Le Cardinal F. X. Nguyen van Thuan, lors de son long séjour en prison (13 années), a cherché à répondre aux questions sur les raisons  de son espérance. Il a dit « J’ai tout abandonné pour suivre Jésus parce que j’aime ses défauts ». Voilà un bon « credo » dans la miséricorde divine!

  

Premier défaut

Jésus n’a pas de bonne mémoire: Dans la croix, pendant son agonie, Jésus a écouté la voix du larron qui était à sa droite: « Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume » (Lc 23, 42). Si c’était moi j’aurai répondu: « Je ne t’oublierai  pas, mais tes délits doivent être expiés, au moins avec 20 années de purgatoire ». Cependant, Jésus a répondu: « En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc 23, 43). Ainsi il a oublié d’un coup tous les péchés de cet homme. La même chose est arrivé avec la pécheresse (Cf. Lc 7, 47)!  Dans la parabole de l’enfant prodigue, quand le Père le voit venir, il oublie tout, court à sa rencontre, l’embrasse et organise une grande fête à son honneur (Cf. Lc 15, 22-24).

Jésus n’a pas une mémoire comme la mienne. Non seulement il est capable de pardonner toujours et toute personne mais il va jusqu’à oublier tout ce qu’on a fait !

 

 

Deuxième défaut

Jésus ne connaît PAS les mathématiques: Si Jésus aurait fait une examen de mathématiques, peut-être on l’aurai reprouvé, cela le démontre la parabole de la brebis perdue (Cf. Lc 15, 4-7). Pour Jésus « 1 » est équivalent à « 99 » et même plus! Qui pourrait accepter ceci? Mais sa miséricorde s’exprime de génération en génération!

Quand il s’agit de sauver une brebis égaré, Jésus ne se laisse décourager par n’importe quel risque ou quel effort. Contemplons ses actions pleines de compassion quand il s’assoit à coté du puit de Jacob et dialogue avec la Samaritaine ( Cf. Jn 4, 1-42 ) ou bien quand il veut rester chez Zachée (Cf. Lc 19, 1-10 ). Quel simplicité sans calcul! Quel amour pour les pécheurs!

 

 

Troisième défaut

Jésus ne connaît la logique: rappelons nous de la parabole du drachme perdue (Cf. Lc 15, 8-9).  Il est réellement illogique de déranger ses amies pour une seule monnaie! Et en plus, faire une grande fête pour célébrer la retrouvaille de la monnaie perdue!  Et encore: en invitant ses amies c’est sure qu’on a dépensé plus  d’une drachme! Même les dix drachmes seraient insuffisantes pour couvrir les dépenses! Avec Pascal on pourrait dire « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas! ». Jésus, comme conclusion de cette parabole, révèle l’étrange logique de son cœur: « C’est ainsi, je vous le dit, qu’il naît de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent! » (Lc 15, 9)

 

 

Quatrième défaut

Jésus est un aventurier: Le responsable de la publicité d’une entreprise ou un candidat aux élections prépare bien son programme et il fait beaucoup de belles promesses. Rien de semblable en Jésus. Sa publicité, si on la juge humainement, est destinée à l’échec. Il promet à ceux qui le suivent des persécutions (Cf. Lc 9, 23-25; 21, 12) ; aux disciples  qui ont laissé tout pour Lui, il ne leur donne pas la sécurité de la nourriture ni de logement, seulement partager son même style de vie (Cf. Mt 8, 20; 19, 21). Le passage évangélique des béatitudes, vrai portrait de Jésus, aventurier de l’amour du Père, est, du commencement à sa fin, un paradoxe! (Cf. Mt 5, 3-12)

 

 

Cinquième défaut

Jésus ne comprend pas les finances ni l’économie: Rappelons nous de la parabole des ouvriers de la vigne (Cf. Mt 20, 1-16). Le soir le propriétaire a payé à tous la même quantité, en commençant par les derniers vénus jusqu’aux premiers.  Si Jésus était l’administrateur d’une communauté ou le directeur d’une entreprise, il aurait amené ces institutions à la faillite: comment est-il possible de payer le même salaire à celui qui commence à travailler à 17 heures qu’à celui  qui a travaillé depuis l’aube? Il s’agit d’une distraction ou Jésus a fait mal ses comptes? Non! Dans sa gratuité il le fait exprès parce que, comme lui même explique « N’ai-je pas le droit de disposer de mes biens comme il me plaît? Ou faut-il que tu sois jaloux parce que je suis bon? » (Mt 20, 15)

 

(Cf. VAN THUAN F. X. Nguyen, Testigos de la esperanza, Madrid, Ciudad Nueva 2000, 26-30)