« Si quelqu’un veut marcher derrière moi… » Mc 8, 34

« J’ai médité cette Parole, sur la route. J’avais devant moi une voiture, elle roulait normalement et je n’avais qu’à suivre.

         Marcher derrière ! Cela ne va pas de soi, on n’aime pas cela, on préfère  souvent marcher devant.

         Marcher derrière, il faut le vouloir. L’autre nous gêne, il nous empêche de voir. On trouve qu’il n’avance pas… on bougonne, on critique sa manière de conduire, on s’interroge : Pourquoi freine-t-il ? Pourquoi fait-il ceci ? Pourquoi fait-il cela ?

Il a ses raisons que je ne connais pas. C’est seulement après que je comprends. Je fais les mêmes mouvements. A mon tour, je freine, j’appuie à gauche, je ralentis.

Marcher derrière est une chose, mais rester derrière ! Il faut vraiment vouloir durer, vouloir garder la vitesse, ne pas chercher à faire plus. Il faut de la patiente pour durer ainsi, pour rester derrière. Ce serait tellement mieux, devant, tellement plus facile, devant.

Je comprends mieux, Seigneur, ce que Tu nous demandes. « Si quelqu’un veut marcher derrière moi… » Il faut vouloir. Marcher derrière Toi, Seigneur, c’est accepter de ne pas tout voir, tout savoir, de ne pas tout comprendre. C’est te faire confiance.

Combien de questions je me pose quand je marche derrière Toi ! Pourquoi ceci, pourquoi cela ? Je ne comprends pas souvent ta manière de faire et d’agir. Tu m’obliges à ralentir, à appuyer d’un côté ou de l’autre. Je me demande pourquoi. Et souvent, après, je m’aperçois que Tu avais raison. C’était sage d’agir ainsi, mais je ne savais pas te faire confiance.

Marcher derrière : c’est marcher au pas de l’autre, au rythme de l’autre. Marcher derrière c’est lui laisser l’initiative et faire ce qu’il fait.

« Si quelqu’un veut marcher derrière Moi… »

Nous l’acceptons au départ, cela paraît si simple. Mais il faudra durer et c’est le plus difficile.

Bien vite, on voudrait passer devant, prendre l’initiative, prendre la direction. Ce serait tellement plus facile, tellement plus agréable.

Je me crois toujours plus malin que l’autre sur la route des hommes. Je me crois toujours plus malin que Toi, Seigneur, sur la route de la vie.

C’est Toi, Seigneur, qui mène, c’est Toi qui es premier, c’est Toi qui es le Maître.

« Si quelqu’un VEUT ». Tu me laisses libre de marche derrière Toi. Mais je comprends qu’il faut renoncer à bien des choses, résister à moi-même pour ne pas passer devant. C’est souvent humiliant. Mais c’est le chemin que Tu as choisi, laissant à Ton Père le soin d’être devant.

Apprends-moi à marcher derrière, à rester derrière, à durer derrière Toi, Seigneur. »

Pierre LEPLAY